Livres

VivMonde créére dans un monde créé. Lydia Jaeger. Farel, GBU : Collection Question suivante, 2007, 123 p.

Il y a cent cinquante ans, Darwin publiait son livre célèbre, « L’Origine des espèces ». C’est un anniversaire que l’on ne manquera pas d’évoquer à maintes reprises par des débats sur la création et l’évolution. Mais, si l’on confesse un Dieu créateur, quelles en sont les conséquences théologiques et pratiques? En quoi la recherche et l’explication d’un commencement affectent-elles notre quotidien? C’est à répondre à cette question que s’attache Lydia Jaeger. Ayant étudié les mathématiques et la physique en Allemagne, la théologie et la philosophie en France — elle a obtenu son doctorat à la Sorbonne — Lydia Jaeger est plus que qualifiée pour évoquer ce sujet.

Qu’on ne se méprenne sur le sujet, ce petit livre revient fort peu sur les débats scientifiques relatifs à la création et l’évolution, ce n’est pas son propos. Il s’agit ici de tenter de discerner les conséquences pratiques de l’affirmation et de la reconnaissance de Dieu comme créateur. Car s’ils sont nombreux ceux qui défendent telle ou telle lecture des récits de la création, plus rares sont ceux qui évoquent la portée de ces considérations sur des domaines tels que la relation avec Dieu, la place de l’homme dans l’univers, la façon d’appréhender la réalité, l’illusion de l’indépendance de l’homme, l’éthique, la crainte de Dieu, la sexualité, l’écologie, le travail et le repos, etc.

Découpé en une dizaine de courts chapitres, ce livre, qui exige ci et là une lecture un peu plus soutenue, peut facilement être utilisé dans le cadre d’un groupe d’étude, de prédications, d’un week-end d’église. On trouvera également en fin de volume un questionnaire pour poursuivre la réflexion sur les sujets abordés et une bibliographie.


 

schweitzerLouis Schweitzer. Si Dieu existe, pourquoi le mal? Question suivante, Marne-la-Vallée, France: Farel, GBU, 2005.

Pourquoi Dieu a-t-il permis Auschwitz et les atrocités qui y furent commises? Pourquoi tel enfant souffre alors qu’il n’est âgé que de deux ans et qu’il n’est pas plus méchant qu’un autre? Pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché tel volcan d’entrer en éruption et de faire autant de morts? Le dénominateur commun de tous ces questionnements, vous le reconnaîtrez, est la coexistence du mal et de la souffrance dans un monde où un Dieu bon et plein d’amour est souverain. Qui ne s’est pas un jour posé ce type de questions? Qui n’a pas été confronté à une personne qui se les posait? La question du mal est d’ailleurs l’une de celle qui se pose le plus fréquemment au sujet du christianisme.

Ce sont ces questions qu’aborde Louis Schweitzer, directeur de l’École Pastorale de Massy et professeur d’éthique et de spiritualité à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine.

La première partie du livre est consacrée aux raisons qui ont poussé Schweitzer à croire en Dieu. On peut discuter de l’opportunité de cette partie. Le livre devient cependant plus pertinent lorsqu’il sert de base à une réflexion plus poussée dans le cadre, par exemple, d’une étude de groupe. On peut alors examiner les propos de l’auteur, ses références bibliques, ses arguments et voir ce qui est à prendre et à laisser. C’est d’ailleurs ce qui a été fait au sein du groupe d’Érasme durant ce premier semestre.

L’intérêt du troisième chapitre est d’aborder le problème de l’existence conjointe de Dieu et du mal à l’envers. L’auteur y débat de la perception que nous aurions du mal si Dieu n’existait pas. Si c’était le cas, comment définirions-nous ce qui est bien et ce qui est mal? Quel sens notre vie pourrait-elle revêtir? Au quatrième chapitre, le livre offre des éléments de réponse bibliques et des commentaires intéressants sur problème du mal ainsi que des réponses. Il sera par exemple question de l’histoire de Job, de la mission de Jésus sur terre et de la manière dont nous pouvons contribuer à la lutte contre le mal. Un livre intéressant donc, surtout dans sa deuxième partie, pour une étude de groupe.

David Moulinasse, ancien membre du staff des GBU


evhonteuxL’évangile : un message honteux? J Bucchold. Farel, GBU, 2005, 57 p. 5 €
Il n’est pas rare que parler de la foi, des croyances, de l’Évangile suscite un certain embarras. Les raisons peuvent être multiples : histoire du christianisme dont on ne retient que les travers, maux de ce monde qui toujours laissent nos certitudes en suspens, peur de paraître intolérant, hésitations sur le contenu de la foi, etc.


Dans ce petit livre, dont le titre s’inspire des paroles de Paul dans la lettre aux Romains 1.16, Jacques Buchhold, professeur à la Faculté de théologie de Vaux-sur-Seine, reprend certaines raisons qui expliquent que l’Évangile puisse paraître honteux. Le livre débute par un rappel de l’exemple de Jésus qui, malgré les tensions créées par son message et sa personne, opérait de tels changements dans les vies qu’il pouvait légitimement être sans honte. L’auteur explore ensuite plus particulièrement ce qu’est et qu’implique l’Évangile à partir de la lettre aux Romains et l’expérience de Paul. L’Évangile est libérateur et porteur d’espoir et de délivrance. Il montre également que l’Évangile ne se réduit pas au pardon des péchés et ne vise pas que l’individu. C’est à juste titre que J. Bucchold rappelle que l’Évangile ne se réduit pas à « l’expérience subjective du croyant » (54) mais concerne la création, inclut une philosophie de l’histoire et concerne la vie pratique des croyants (44–45). Face à la « liberté devenue folle » en ce monde, l’Évangile insiste sur la connaissance, « il s’agit de ‘savoir comment répondre’ aux non-croyants » (54). Une connaissance à utiliser avec sagesse qui implique que le témoignage s’enracine dans une vie vécue en accord avec ce que l’on croit (55).

Un petit livre écrit pour aider les chrétiens à ne pas avoir honte de leur foi en examinant ce qu’ils croient et les conséquences de leur foi. Un petit livre à méditer, à offrir, à étudier même en groupe.

 

 

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